Metamorphoses

Après un été où le temps semblait parfois désorganisé, suspendu, presque hors de son rythme habituel, Beyrouth retrouve peu à peu ses repères.

Les journées  raccourcissent, la lumière change, la chaleur devient moins insistante.

Sans vraiment nous en rendre compte, nous glissons vers l’automne, et l'automne est aussi le temps de la rentrée artistique et culturelle. 
À la galerie Carré d'artistes, de nouvelles œuvres viennent prendre place en harmonie avec celles de nos grands habitués et qui eux aussi nous livrent de nouvelles œuvres.

Nos murs et nos vitrines se renouvellent, et nos regards aussi.

Chez François-Régis Lemonnier, le temps est présent, souvent suspendu dans le silence d’un arbre. Lau Blou nous entraîne dans un monde enchanté qui se transforme et s’ouvre vers les étoiles. Abelardo Hernandez  nous secoue avec ses œuvres, semblables à des fresques murales sculptées. Sergi Mestres nous dévoile, comme toujours, son univers où se rencontrent l’art, la musique et le cinéma, à travers des icônes pop pleines de vie.

Luc Langeron mêle avec finesse la matière et la peinture, donnant naissance à des œuvres de bois et d’argile ponctuées de couleurs franches, fortes et vibrantes. Et le Libanais Jamal Kadamani nous ramène à nos sources, dans un univers figuratif doux et familier : les rues, les maisons beyrouthines, les hommes qui jouent aux cartes au crépuscule d’une journée.

Sans oublier toutefois, tous nos autres artistes, nombreux... comme Naen dont la maîtrise de jeu de lumière éveille les sens et l'imagination, Christian Raffin, maître de la perspective urbaine des villes orientales où il fait bon se balader.

Rosangela, chez qui la femme au regard percant porte toujours une couronne majestueuse, Fady Chammas qui expose notre identite libanaise preservant la memoire des lieux.

Mona Nahleh, chez qui le figuratif devient presque abstrait, guidé par les états d'esprit de ses personnages ou Kikayou ..., si pur et enfantin et qui nous ramène avec tendresse à nos personnages préférés de bande dessinée.

L’automne nous invite à ralentir, à sortir lorsque la chaleur se fait plus douce, à marcher un peu plus longtemps dans les rues de Beyrouth, à s’arrêter dans un café, à pousser la porte d’une galerie, à regarder, flâner, découvrir, sans se presser les plaisirs simples de la vie.

Cette rentrée est donc une manière de reprendre le mouvement, mais autrement. De retrouver un rythme, de regarder différemment, de prendre le temps. Carré d'artistes le fait à sa manière; avec de nouvelles œuvres, de nouveaux artistes, de nouvelles histoires à découvrir.

Le temps passe. Une nouvelle saison commence. Et nous avons envie de la savourer.